
Depuis l’année 1888, la faluche est le couvre-chef traditionnel des étudiants français. Il s’agit d’un béret fait de velours noir et qui est décoré de rubans ainsi que d’insignes. La faluche est dotée d’une histoire et de traditions très riches. Dans ce post, vous en apprendrez davantage sur cette coiffe.
De quelle manière a été créée la faluche ?
Après leur formation en 1884, l’Association générale des étudiants de Paris s’est rendue en 1888 en Italie pour la célébration du 800e anniversaire de l’Université de Bologne. Lors de cet événement, les étudiants français ont senti que leur tenue vestimentaire ne les démarquait pas suffisamment par rapport aux autres étudiants européens.
Par exemple, les étudiants allemands portaient leur propre coiffe (casquette plate), les Italiens avaient un chapeau de style Louis XI (feluca ou goliardo), et les étudiants belges des universités non catholiques étaient coiffés du penne.
Suite à ce rassemblement, les étudiants français ont donc décidé d’adopter une coiffe qui leur serait spécifique. En souvenir du congrès des étudiants de Bologne, ils ont opté pour un béret de velours noir qui est similaire à celui des Bolognais.
Ce fut le 25 juin 1888, au retour des étudiants français à Paris, que la faluche a été réellement lancée. Elle a gagné en popularité lors du 600e anniversaire de l’Université de Montpellier en 1890. De là, ce couvre-chef s’est rapidement étendu aux autres villes françaises. C’est de cette manière que la faluche a supplanté la toque doctorale, qui existait depuis le Moyen-Âge. Il est à noter que son nom fait référence à un pain originaire du Nord-Pas-de-Calais, parce que sa forme ressemble à celle de cette coiffe.
Que faut-il savoir sur le code de la faluche ?
La faluche d’étudiant est liée à plusieurs traditions. Par ailleurs, les codes et coutumes étaient transmis de façon orale et variaient selon les universités et les villes. À titre d’exemple, les faluchards (personnes qui portent la faluche) de Paris n’avaient pas les mêmes coutumes que ceux de Lyon.
C’est pour cette raison qu’un code a été instauré en 1986, afin de rendre les choses plus compréhensibles et harmonieuses. Inspiré du code toulousain, ce code a été choisi en tant que code national en décembre 1986 à Toulouse.
Actuellement, il existe 3 versions du code de la faluche : le code de Toulouse, le code de Montpellier ainsi que le code alsacien. Toutes les trois sont reconnues et considérées comme étant légitimes. Même si chacun de code ont leurs propres particularités, les grandes lignes sont pareilles par rapport à la signification des couleurs, des rubans et des insignes des faluchards.
À quoi correspondent les rubans de la faluche ?

Le code du mouvement faluchard permet d’identifier le parcours d’un étudiant qui porte la faluche. En effet, les couleurs, rubans et insignes de cette coiffe rappellent des éléments de la vie de l’étudiant (parcours scolaire et universitaire, passions).
Le ruban circulaire d’une faluche correspond à la filière principale de l’étudiant. Voici quelques exemples selon le code des faluchards :
- les étudiants en médecine vétérinaire portent un ruban bordeaux,
- les étudiants en filières sportives portent un ruban vert foncé,
- les étudiants en droit portent un ruban rouge,
- les étudiants en architecture ont un ruban bleu,
- les étudiants en écoles d’ingénieurs ont une faluche avec un ruban noir et bleu,
- les étudiants en écoles de commerce portent un ruban rouge et vert.
Pour les disciplines secondaires (double inscription), on place un ruban plus mince sur le bord supérieur du ruban principal. Ce ruban plus mince sera aux couleurs de la discipline annexe.
Insignes sur la faluche : de quoi s’agit-il ?
Sur le ruban circulaire, plusieurs insignes obligatoires doivent figurer. Il s’agit de l’insigne du baccalauréat de l’étudiant, l’emblème de la discipline, ainsi que les étoiles (par année d’études passées et redoublées) et les palmes (pour les diplômes obtenus).
Il est aussi possible d’attacher des insignes personnels qui représentent les passions de l’étudiant. On peut citer :
- l’aigle : il symbolise l’amour de l’aviation,
- l’étoile et foudre : il signifie la passion pour l’informatique,
- la grappe de raisin : il exprime l’amour du bon vin,
- la plume : elle représente la passion pour la littérature,
- la lyre : elle évoque l’amour de la musique.
Comme son nom l’évoque, la faluche entretient un lien inattendu avec le monde du pain et de la boulangerie. Sa forme rappelle celle d’un petit pain rond, légèrement aplati, que l’on pourrait façonner à la main sur un plan de travail fariné, avant de le laisser reposer puis lever grâce à la fermentation du levain ou de la levure de boulanger.
Ce clin d’œil n’est pas anodin : il renvoie à une tradition française profondément ancrée, où le pain, qu’il soit une miche rustique, une baguette ou un pain de campagne, fait partie du quotidien, tout comme la vie étudiante dans les universités françaises.
D’une certaine manière, la faluche se construit elle aussi comme un pain fait maison : elle évolue avec le temps, s’enrichit d’insignes comme une pâte à pain que l’on pétrit, façonne puis laisse “prendre” au fil des expériences.
Chaque ruban, chaque écusson, vient raconter une histoire, un peu comme les ingrédients farine de blé, graines, céréales donnent au pain sa texture et son caractère. Au final, qu’elle soit portée fièrement lors d’un événement estudiantin ou transmise entre générations, la faluche reste un symbole vivant, à la fois traditionnel et profondément personnel.
FAQ
La faluche est un béret en velours noir porté par certains étudiants français. Elle est décorée de rubans et d’insignes qui retracent le parcours universitaire et personnel de son propriétaire.
Non, elle n’est pas obligatoire. Elle est surtout portée par des étudiants engagés dans certaines traditions étudiantes, appelés faluchards.
Le velours noir a été choisi à l’origine pour s’inspirer du béret des étudiants italiens de Bologne, tout en créant une identité propre aux étudiants français.
Oui, c’est même l’un de ses principes fondamentaux. Chaque étudiant ajoute des insignes en fonction de son parcours, de ses passions ou de moments marquants de sa vie.
Oui, même si elle reste une tradition minoritaire, elle est toujours présente dans de nombreuses villes universitaires et continue d’être transmise entre générations d’étudiants.
